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Formations Sanitaires et Performance Vaccinale en Zone Sahélienne : Analyse Coût-Efficacité Quasi-Expérimentale au Niger

Le Niger est l’un des pays à plus forte mortalité infantile au monde (51 pour 1 000 naissances vivantes en 2023). Malgré une progression notable dans l’extension de la couverture vaccinale, des défis structurels persistent : ruptures chroniques de financement à la périphérie du système de santé, délais de décaissement excédant trente jours depuis le niveau central jusqu’aux centres de santé intégrés (CSI), et faible prévisibilité budgétaire pour les équipes opérationnelles.

Pour répondre à cette vulnérabilité, différents mécanismes de financement innovants ont été testés. Le financement direct des établissements de santé (Direct Facility Financing, DFF), consistant à transférer des ressources directement au niveau des formations sanitaires plutôt que de les faire transiter par des circuits administratifs centralisés, a montré des résultats prometteurs dans plusieurs contextes africains.

L’évaluation du Nigeria States Health Investment Project (NSHIP), notamment, a démontré que l’association du financement direct, d’une supervision de qualité et d’une autonomie de gestion améliorait de manière significative la disponibilité des équipements, la productivité clinique et la prestation de services de soins primaires.

Les résultats de l’étude de l’impact du Dispositif de Financement Décentralisé sur les performances vaccinales en contexte sahélien convergent sur quatre conclusions majeures :

  • Le DFF est associé à un gain mensuel net de 178 à 291 enfants vaccinés supplémentaires.
  • Une amélioration structurelle majeure a été faite en matière de continuité vaccinale avec la réduction du taux d’abandon de 7,41 % à 1,79 % en deux ans.
  • le DFF représente une utilisation efficiente des ressources, en accord avec les données comparatives de la sous-région, avec l’ICER ponctuel de 13 030 à 14 549 FCFA (21–25 USD) par dose additionnelle, bien en dessous du seuil de coût-efficacité de l’OMS
  • la prévisibilité des transferts est un déterminant aussi important que leur montant et la continuité des flux est essentielle dans la performance du mécanisme.

Ces données ont des implications directes pour les politiques de financement du PEV au Niger et dans la région sahélienne :

  • le DFF devrait être envisagé comme une composante standard du financement de la vaccination de routine.
  • la prévisibilité des transferts est un déterminant critique de la performance du mécanisme.
  • la supervision formative est indissociable de l’efficacité du mécanisme.
  • l’extension du DFF aux districts de Tahoua Commune, Maradi Ville et Guidan
  • Roumdji (prévue en 2026 dans le cadre de DFF2) permettra de tester la scalabilité du mécanisme dans des contextes variés (urbain, semi-urbain, rural à fort potentiel équité) et de consolider la base de données probantes.

Conclusion

Cette étude constitue une preuve que le Dispositif de Financement Décentralisé améliore significativement l’accès et la complétion vaccinale dans le district de Tahoua Département, Niger, sur deux années d’intervention.

Un mécanisme d’action clair est mis en évidence : la disponibilité garantie et prévisible de ressources liquides au niveau des formations sanitaires, combinée à une autonomie opérationnelle et une supervision formative de qualité, lève les contraintes structurelles qui limitent l’exécution des stratégies avancées et la continuité des services.

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